

texte et mise en scène Marie Fourquet
Je suis parti, il était 2 heures du matin, il n’y avait plus de bus, plus de métro, mais je suis parti. J’ai marché jusqu’à chez moi et je me sentais tellement libre, sûrement comme ces femmes qui ont claqué la porte dans les années 70, laissant derrière elle mec et enfants. Sauf que moi je n’ai pas claqué la porte, je suis juste devenu un type qui peut partir en plein milieu de la nuit après avoir fait l’amour. Et j’ai la certitude de m’être a"ranchi de quelque chose ce soir là, même si cette fille intelligente me considère comme le dernier des connards, je me suis dis que je n’avais pas… plus à subir ça.
Marie Fourquet
Après les années de lutte pour l’émancipation féminine, Marie Fourquet sourit, cligne de l’oeil et prend la plume : et l’émancipation masculine ? Oui, qu’en est-il des hommes ? Que pensent-ils des femmes et de leur nouvelle affirmation ? Impatiente de connaître la réponse à ses questions, Marie Fourquet prend l’initiative et s’invente un « je » masculin qu’elle décline en plusieurs monologues. Spectacle pour trois comédiens et deux guitaristes de rock. Sur scène, l’espace privé d’un appartement est transpercé par l’univers du rock : un lavabo est posé sur un ampli, les miroirs ont des airs de loges d’artistes, c’est le backstage fantasmé d’un intérieur masculin. Car les hommes ont rêvé, et rêvent encore. De femmes charmantes et drôles, irrésistiblement séduisantes et désirables, qu’ils baiseraient goulûment. Ils veulent du sexe et de la passion, une vie de rock-stars : excès, puissance et une glamoureuse nonchalance. Dans la réalité, cependant, ils se cognent aux angles. A les écouter, les femmes semblent impitoyables : ayant remisé leur romantisme de jeune première, elles règnent sur leur foyer avec détermination. Elles décorent l’appartement familial selon une harmonie de couleurs chèrement conquise sur laquelle elles ne transigent pas ; elles ont des opinions tranchées sur les bonnes moeurs en matière de vie intime dont elles détiennent l’autorité morale : elles ont le droit de se refuser à leur compagnon sans avoir à se sentir coupables mais elles piquent des crises nerveuses s’il leur manque d’égards affectueux après avoir fait l’amour ; elles clament haut et fort qu’elles sont sans attaches mais jouissent du confort de leurs habitudes sexuelles. Enfin, elles sont des poches d’eau qui menacent de se rompre à tout instant : les femmes pleurent, hoquètent et sanglotent même en pleine rue, désignant l’homme qui les accompagne comme gougnafier aux yeux de tous. Que pensent les hommes ? Ils sont las, désillusionnés et surtout perdus. Plutôt que de subir une énième crise, ils prennent la tangente, par fatigue : s’il faut choisir entre être un pauvre type ou un sale type, autant écourter. Au fil de leurs récits, on devine que les femmes, ayant désormais décidé de penser à elles, ne pensent plus qu’à elles. Dommage, non ? Des récits crus, drôles, directs. Sans complaisance ni règlements de compte, un théâtre qui ose. Un spectacle qui a la puissance d’un bon concert de rock. La compagnie ad-apte, basée à Lausanne, multiplie les projets de création contemporaine. Avec un regard ironique, elle dépeint un quotidien décalé.
A la Bâtie 09, on a pu voir au Théâtre St-Gervais Je-me-déconstruction de Philippe Soltermann.
production
Compagnie ad-apte, Arsenic Lausanne, Théâtre l’Echandole Yverdon, Théâtre Saint-Gervais Genève, PRAIRIE Modèle de co-production du Pour-cent culturel Migros en faveur de compagnies théâtrales innovantes suisses
avec le soutien de Corodis, Loterie Romande, Pro Helvetia, Ville de Lausanne, Etat de Vaud, Fondation Ernst Göhner, Société suisse des artistes interprètes.
représentations à l'Atelier à 20h30 sauf le jeudi à 19h et le dimanche à 18h
relâche le lundi
jeudi 4 mars à l'issue de la représentation rencontre avec Marie Fourquet et l'équipe du spectacle
dans le cadre de la saison transfrontalière ![]()
presse : téléchargez le dossier
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photos Delphine Schacher
texte et mise en scène
Marie Fourquet
collaboration artistique
Philippe Soltermann
scénographie
Serge Perret
assistante scénographie
Olivia Hadorn
musique
Ifé Niklaus et Malena Sardi
régie
Denis Faure
collaboration lumières
Antoine Friderici
construction
Hervé Jabveneau
photos
Delphine Schacher
teaser
Cyril Moulin
assistante de production
Sara Tappy
recherche de fonds
Isabelle Vuong
avec
Frank Semelet
Philippe Soltermann
Baptiste Coustenoble