

spectacle en portugais
texte Gil Vicente
mise en scène Mari do Céu Guerra
par le Théâtre A Barraca de Lisbonne
Pranto de Maria Parda (La plainte de Maria la Noiraude) constitue une parodie des plaintes médiévales de la Vierge Marie (genre théâtral où la mère du Christ pleure la mort de son fils) et met en scène Maria Parda, une femme du peuple, noiraude, ivrognesse invétérée et assoiffée. Dans les rues de Lisbonne elle se lamente de la hausse du prix du vin, pleurant la pénurie de ce précieux liquide ; ensuite elle supplie les commerçants de lui faire crédit, sans succès puis, condamnée à mourir de soif, énonce son testament, passant en revue des lieux vinicole célèbres du Portugal de l’époque et dressant une sorte de cartographie sentimentale de l’ivrogne.
Saulo Neiva
Le poète portugais Gil Vicente - né vers 1465, mort vers 1537 - est généralement considéré comme le premier dramaturge portugais. On l'identifie aussi souvent comme l'orfèvre de la Custódia de Belém (Reliquaire de Belém), et comme le maître de rhétorique du roi Dom Manuel. En tant qu'homme de théâtre, il semble avoir aussi été musicien, acteur et metteur en scène.
Il est fréquemment tenu pour le père du théâtre portugais moderne, ou même du théâtre ibérique, puisqu'il écrivait aussi en espagnol - partageant la paternité du drame espagnol avec Juan del Encina.
L'œuvre vicentine est tenue comme le reflet de la mutation des temps, et du passage du Moyen-Âge à la Renaissance, époque balançant entre un temps ou les hiérarchies et l'ordre social étaient régis par des règles inflexibles, et une nouvelle société où l'ordre institué commence à être subverti, à être questionné. C'est le principal représentant de la littérature Renaissante portugaise, antérieure à Camões (Camoens), qui, incorporant de nombreux éléments populaires dans ses écrits, a influencé à son tour la culture populaire portugaise.
En ce temps-là, le royaume du Portugal était dévasté par la faim. Plus l’année 22 avançait, plus grandes étaient les peines. Le dénuement faisait des ravages, forçant le peuple à dépenser et à manger le peu qui lui restait.
La Castille ne pouvait venir en aide au Portugal, puisqu’elle avait elle-même été frappée par la misère l’année précédente.
Aucun secours n’arrivait de France, en raison des guerres menées par l’empereur.
Tous les pauvres du royaume accouraient dès lors à Lisbonne, entraînant avec eux leurs tristes familles, persuadées par la force de la nécessité qu’elles pourraient trouver remède à leurs maux là où vivaient le roi et les seigneurs. Mais le chemin apportait son lot de malheurs. Nombreux étaient en effet ceux qui, affaiblis et découragés, tombaient et mourraient. Leurs cadavres sans sépulture jonchaient les routes.
Ceux qui parvenaient à Lisbonne avaient des mines de déterrés, pâles, faibles, sans la moindre force dans les membres. Ils refusaient l’aumône pécuniaire, car ils ne trouvaient rien à acheter avec l’argent qu’on leur offrait. Ils ne voulaient que du pain ; et personne ne leur en donnait. On en vendait bien un peu en cachette, à 450 réis l’alqueire [unité de mesure - NdT]; le seigle coûtait 200 réis, le maïs 150. En obtenir relevait du miracle.
Frei Luis de Sousa, Anais de D. João III, Lisbonne, 1938.
L’actrice Maria do Céu Guerra, de la compagnie A Barraca, à Séville, le Prix UNESCO, institué pour récompenser des spectacles du Festival des Arts de la Scène de l’Expo’92. Parmi les quelque 50’000 spectacles présentés au cours de l’Expo’92, le jury international en a retenu 25, parmi lesquels la pièce de Gil Vicente Pranto e Testamento de Maria Parda, mise en scène et interprétée par la comédienne portugaise.
représentations à 18h30
Dans le cadre d'un printemps portugais,
découvrez et Obviamente demito-o écrit et mise en scène par Hélder Costa
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Obviamente demito-o et Pranto de Maria Parda pour 30.-
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texte Gil Vicente
mise en scène et jeu Maria do Céu Guerra
accessoires Vitor Sá Machado
lumières José Carlos Pontes