

de Bertolt Brecht, mise en scène Julie Beauvais
Cie les Mondes Contraires - Colectivo de Mujeres de Matagalpa
durée : 2h environ, suivi d'une discussion avec l'équipe du spectacle
langue : espagnol
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C’est la guerre. Le peuple a faim. Le Gouverneur et sa femme lui présentent leur nouveau-né. Un renversement éclate, les révolutionnaires font tomber la tête du Gouverneur et son épouse s’enfuit en oubliant leur fils. Groucha, une servante du palais, recueille le petit enfant et le prend avec elle. La guerre terminée, elle est convoquée devant le juge Azdak. L’enfant dont elle a pris soin, on veut le lui enlever pour le rendre à sa mère biologique. A qui accorder la garde ? C’est l’épreuve du cercle de craie qui en décidera.
Sur l’air de La terre aux paysans ! ou de Les maisons à ceux qui les habitent, Bertolt Brecht s’exclame « que toute chose au monde revienne à ceux qui en prennent soin ». Brecht vote pour que la verte vallée appartienne à ceux qui la font fructifier et l’enfant à la femme qui l’élève et le soigne.
C’est avec une pièce aussi socialement virulente que Julie Beauvais va au-devant de deux mondes que tout distingue : le Nicaragua en 2008 et la Suisse en 2009. Son propos est d’explorer l’impact du contexte politique sur la lecture d’une oeuvre. Qu’est-ce que le quotidien et l’expérience de vie des Nicaraguayens révèlent de la pièce ? Que lisent-ils que nous ne relèvons pas ? Et, match retour, quelles sont les couleurs que notre réalité sociale fera crier ? La compagnie des Mondes Contraires a conçu un projet unique : avec une même équipe de comédiennes métissée, monter la même pièce – mais pas le même spectacle.
En toute logique, le spectacle se joue sur un système bi-frontal : le public assiste à la représentation et à sa propre présence. Un théâtre masqué, coloré, très direct. Les corps dessinent l’histoire sur le vif et sur deux fronts, pour maintenir les spectateurs en alerte : et nous, comment réagirions-nous ? Les masques, fins, légers et quasi-transparents, sont loin des exubérances de la farce ; ils évoquent le tragique des traditions théâtrales satyriques nicaraguayennes et permettent une parole distanicée sur la guerre.
Après les lectures à Matagalpa, il traînait toujours un ou deux bonshommes dans la rue, le cigare aux lèvres, pour demander dans quelle partie du Nicaragua vivait l’auteur de ce Circulo de Tíza…
Un projet Métissages de la Cie les Mondes Contraires
Ce troisième projet Métissage des Mondes Contraires - après le Brésil et la Mongolie - explore l’impact du contexte politique et social sur la lecture d’une oeuvre et la création d’un spectacle. Ainsi, cette pièce, a été montée au Nicaragua dans un deuxième temps en Suisse.
La première expérience consistait à replacer le texte dans son contexte politique et social. Le spectacle a été répété et tourné dans les communautés rurales de Matagalpa, Nicaragua en automne 2008. Cette région qui fut le berceau de la révolution sandiniste dans les années 70 puis 80 est aujourd’hui à nouveau confrontée à de violents mouvements politiques. En effet, les Nicaraguayens voient le même parti pour lequel ils se sont battus se transformer en dictature. L’homme ou la femme nicaraguayen/ne, par l’histoire de son pays, a développé un système de lutte collective pour défendre ses droits. En octobre 08, le millier de spectateurs des vingt représentations du Círculo de Tiza n’assistaient pas à un spectacle, ils vivaient un acte politique. Les spectateurs étaient replongés dans les deux récentes guerres civiles, analysaient l’histoire présente et se préparaient à l’action imminente. Le traitement de la mise en scène questionnait la responsabilité individuelle dans une lutte collective.
La deuxième partie du projet consiste à mettre en scène le Cercle de craie dans un pays stable, encourageant les libertés aussi bien individuelles qu’économiques et peu traversé de bouleversement sociaux et de luttes collectives. L’homme ou la femme suisse, dans le contexte historique de son pays, a développé un système qui le pousse à s’individualiser, à privatiser, à protéger son espace personnel au dépend parfois de l’espace commun. Le traitement de la mise en scène visera à questionner l’importance de l’engagement de l’individu dans la cause collective.
production
Les Mondes Contraires et Théâtre Saint-Gervais Genève
en collaboration avec le Colectivo Mujeres de Matagalpa
avec le soutien de l’Etat de Genève : Département de l’instruction publique,
Département des institutions
La Ville de Genève : Département de le culture, Département des finances
L’Etat du valais : Département de la culture
Commune de Vandoeuvres, Loterie romande, Ernst Göhner Stiftung, Artlink, Avina Stiftung
dans le cadre de la saison transfrontalière ![]()
Représentations à 20h30 sauf le jeudi à 19h et le dimanche à 18h
Jeudi 8 octobre à l’issue de la représentation :
rencontre avec Julie Beauvais et l’équipe du spectacle
avec la participation de Sandrine Salerno
Vice-Présidente du Conseil administratif de la Ville de Genève
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Vous ne me dégoûterez pas de la guerre. On dit qu’elle
anéantit les faibles, mais la paix en fait autant.
Bertolt Brecht

texte
Bertolt Brecht
mise en scène
Julie Beauvais
scénographie
Julie Chapallaz
masques
Loïc Nébréda
costumes
Kornelia Piskorek
création lumières
José-Manuel Ruiz
musique originale
Paul Dessau, Gaëlle Graf, Stéphane Albelda
installation son
Francesca Verdini, Alex Tsirgialos avec l’aide de Steph Kehoe
installation vidéo
Cristina Sarrà Márquez, Kamili Feelings
avec
comédiennes du Colectivo de Mujeres de Matagalpa
Fanny Vado Hernandez, Ana Ara Sorríbas, Bea Huber,
Leo Argüello Chavaría
comédiennes des Mondes Contraires
Latifa Djerbi, Fiora Blasi, Valentine Sergo, Steph Kehoe
coach vocal
Gaëlle Graf
administration
Florence Chappuis et France Jaton
logistique
Céline Golaz, Francesca Verdini
