


de Franz Kafka, par la Cie Pasquier-Rossier
Le Château est une œuvre posthume, débutée dans les années 14-15, et reprise lors de sa liaison platonique avec Milena Jesenska. Bien que Le Château ne soit pas terminé, c'est probablement l'œuvre la plus aboutie de Kafka et la plus représentative de sa vision de la bureaucratie.
Kafka est l’écrivain de l’angoisse, répète-t-on à tout bout de champ. Mais lorsque Kafka lisait
ses textes à ses amis, il provoquait les rires : oui, il s’agit bien de scènes épouvantables, mais
qu’il est bon d’en sourire !
La compagnie Pasquier-Rossier adapte Le Château, la dernière oeuvre restée inachevée de Kafka. Un roman comme un paysage enneigé : les contours du village, les reliefs environnants, tous les repères habituels sont noyés dans un jour blanc. A tâtons dans cette nuit éblouissante, K cherche à percer la confusion qui l’entoure et à s’extirper de ce cauchemar éveillé.
K, un géomètre, est appelé au château. Quand il parvient au village bâti à son pied, K est aussitôt considéré comme un étranger et pris en grippe. Très vite, la situation tourne à l’impasse : on affirme à K, pourtant muni de sa lettre de convocation, que personne ne l’a appelé. D’ailleurs, le chemin qui conduit à l’entrée du château n’y parvient pas, le téléphone du château, encore utilisé la veille, ne fonctionne que quand il fonctionne, le printemps ne dure que deux jours pendant lesquels, généralement, il neige et le reste est à l’avenant.
Dédale administratif, quintessence de l’absurdité bureaucratique ? Pointilleux envers les autres mais imprécis dans son propre fonctionnement (les paroles s’envolent et les écrits ne valent pas pipette), exigeant et peu fiable, le château est un monstre affamé auquel on doit sans cesse rendre des comptes, dans les formes et dans les temps – et dans le sentiment durable d’une menace.
A moins qu’il n’évoque la situation paradoxale des travailleurs étrangers qu’on fait venir au pays avant de leur signifier qu’on n’a pas besoin d’eux ? Ou, plus fondamentalement, l’impossibilité humaine d’aboutir, d’aller au bout de son désir ? Kafka lui-même a vécu dans la difficulté d’accomplir ce qui lui tenait à coeur, annulant à la dernière minute chacun de ses mariages, mariages qu’il avait pourtant sincèrement voulus. Ici, toutes les interprétations demeurent possibles. Kafka nous emmène dans une communauté repliée sur elle-même, en intrus, et disparaît dans la neige, comme son roman inachevé : à nous de chercher le chemin du château, d’insister, de nous décourager, de recommencer, de vitupérer avant d’en rire.
Avec onze comédiens pour une trentaine de personnages et un espace qui se démantibule dans d’improbables perspectives, nous sommes emportés dans un train-fantôme théâtral. Le réel se dérobe à toute emprise, les personnages se dédoublent, les réponses aux questions recèlent des double-fonds : à toute compréhension, Kafka oppose un impassible brouillard, blanc comme une page vide.
La compagnie Pasquier-Rossier revient à St-Gervais pour se jouer de l’inconscient et aborder avec légèreté la notion de l’identité. K est tout à la fois un narrateur inspiré et un pauvre bonhomme aspiré par les inextricables difficultés de sa vie. Comme Kafka.
production
Compagnie Pasquier-Rossier, Théâtre Saint-Gervais Genève, Nuithonie Villars-sur-Glâne, Théâtre de l’Arsenic Lausanne
avec le soutien de la Ville de Lausanne, Etat de Vaud, Loterie Romande, Pro Helvetia, l'Etat de Fribourg, Corodis et la Fondation Ernst Göhner
Première jeudi 5 novembre à 19h
Représentations à 20h30 sauf le jeudi à 19h et le dimanche à 18h
Jeudi 12 octobre à l’issue de la représentation :
rencontre avec l’équipe du spectacle
Téléchargez le dossier de presse
Téléchargez le dossier pédagogique
dans le cadre de la saison transfrontalière ![]()
navette gratuite entre Annecy et Genève le vendredi 6 novembre
La Compagnie Pasquier-Rossier
La Compagnie Pasquier-Rossier est basée à Lausanne en Suisse depuis 1991. Geneviève Pasquier (formée à la section dramatique du Conservatoire de Lausanne) et Nicolas Rossier (formé à l’école du Théâtre National de Strasbourg) proposent une création théâtrale par année, pour laquelle ils sont tour à tour metteur en scène et comédien.
Ils ont une prédilection pour les montages de textes non théâtraux à tendance absurde. Leur premier spectacle Le déjeuner sur l’arbre rassemblait des poèmes et textes courts d’Henri Michaux, Elias Canetti et Pierre Bettencourt. L’eunuque de Zanzibar ou les prodiges de l’amour était un collage de saynètes et petits récits écrits par Pierre Cami pour la chronique humoristique d’un journal. Puis des textes puisés dans des ouvrages de morale catholique des années 50 ont constitué la matière du spectacle Conseils pratiques à l’usage des jeunes âmes timorées. Les poèmes, écrits philosophiques, petits récits et dialogues du russe Daniil Harms ont donné matière au Corbeau à quatre pattes qui a tourné de 2000 à 2005 en Suisse et à l’étranger. Puis une collaboration avec la Collection de l’Art Brut de Lausanne a donné naissance à un spectacle intitulé A ma personnagité, mettant en scène les écrits d’artistes bruts et monté en 2004 à Saint-Gervais. I Remember d’après les souvenirs de Joe Brainard a été créé au printemps 2006 à Fribourg, Lausanne et Yverdon. Enfin, Les Sœurs Bonbon, création jeune public sur un texte inédit d’Emmanuelle Delle Piane a été créé la saison passée et tournera en 2009. Créé en 2009 au Théâtre des Osses et à la Grange de Dorigny, LékombinaQueneau d’après Raymond Queneau et la littérature combinatoire, tournera en automne 2010.
Des œuvres dramatiques ont également jalonné le parcours de la compagnie: Dans le petit manoir de Witkiewicz, Ubu Roi d’Alfred Jarry, Les apparences sont trompeuses de Thomas Bernhard, La Noce chez les petits bourgeois de Brecht, et récemment On purge bébé ! de Feydeau et Mon Isménie ! de Labiche.
- Ah la la ! dit la souris, le monde rétrécit de jour
en jour et me voilà déjà dans la dernière pièce, et là,
dans le coin, se dresse le piège vers lequel je cours.
- Tu n’as qu’à changer de direction, dit le chat, et il la dévora.
Franz Kafka
adaptation
Cie Pasquier-Rossier
mise en scène
Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier
scénographie
Yangalie Besson
lumières
Christophe Pitoiset
création sonore
Christophe Bollondi
régie son
Xavier Weissbrodt
régie plateau
Pierre Spuhler
costumes
Anna Van Brée et Olivier Falconnier
Accessoires Léa Glauser
maquillages et coiffures
Leticia Rochaix-Ortis
régie générale et lumière
Antoine Friderici
administration
Emmanuelle Vouillamoz
recherche de fonds
Isabelle Vuong
assistante Magali Tosato
avec
Melanie Olivia Bauer
Céline Cesa
Georges Grbic
Shin Iglesias
Yves Jenny
Fred Mudry
Geneviève Pasquier
Lola Riccaboni
Nicolas Rossier
Christian Scheidt
Pierre Spuhler
Diego Todeschini