


du 15 au 19 décembre
Les trois soeurs
de Anton Tchekhov, mise en scène Youri Pogrebnitchko
en russe sur-titré français
Dans une petite ville de province, trois sœurs s’observent quitter leur jeunesse qu’aucun sentiment de vivre leur vie ne vient remplacer. Qu’est-ce que vivre ? Qu’est-ce qui vaut la peine ? A quoi consacrer les forces qu’on sent parfois bouillonner en soi ? Qu’est-ce qui fera sens ?
Seule distraction à leur portée, une garnison. Leur maison est remplie de militaires en visite, beaux jeunes hom- mes rêvant de grandeur et colonels désillusionnés. Se marier ? Avoir des enfants ? Travailler ? Tout semble vain et fade. Seule Moscou, l’inatteignable, éveille d’inextinguibles élans d’espoir : recommencer une vie nouvelle, oui, une vraie vie, une vie pour de vrai !
Les trois sœurs sont une comédie, affirmait Anton Tchekhov. Il semble que Youri Pogrebnitchko l’ait entendu. Comme aucun, il sait naviguer entre ces répliques qui sont comme des icebergs, traquant le rire dans des silen- ces qui insistent et le tragique dans les envolées joyeusement lyriques.
C’est que Pogrebnitchko arpente ce texte depuis... 1981. Inlassablement, il y revient, il s’y promène, il l’écoute. Le metteur en scène russe, s’il aime et cultive la marge – son théâtre s’appelle Okolo, ou à côté : à côté de l’ins- titutionnel, de ce qui est unaniment reconnu, voire : à côté de Stanislavski, qui vécut dans la rue adjacente - , travaille néanmoins toujours autour des mêmes axes. Un répertoire extrêment concentré, les mêmes éléments de décor dans un même espace réduit, les mêmes principes de décalage entre le texte et l’action, et bien souvent, les mêmes acteurs.
Cette fois-ci, cependant, la distribution surprend : les trois sœurs sont jouées par de jeunes comédiennes diplô- mées de l’Ecole Supérieure de Théâtre de Schoukine. Elles redonnent à la pièce sa jeunesse et ses accents de fraîcheur, ses envols enthousiastes et son désœuvrement. Elles incarnent le douloureux passage d’une adoles- cence très prolongée à l’âge adulte, la nécessaire émancipation des rêves enfantins, le deuil d’une vie pleine et justifiée... Youri Pogrebnitchko désigne ainsi le drame humain : connaître l’amour, et cependant en être incapa- ble. Une impuissance qui repousse la vie au-devant de soi, éternellement.
Le Théâtre Saint-Gervais avait accueilli en 2003 Encore trois sœurs, spectacle joué conjointement en russe et en français, retour sur ses deux pièces fétiches : Les trois sœurs et La mouette de Tchekhov. Une manière élégante d’affoler le sens par le miroitement infini de la nébuleuse tchekhovienne. L’an passé, c’est avec Avant la séance de cinéma qu’il nous avait éblouis : une soirée de chansons bluettes, à serrer le coeur. Il nous revient, il revient ! s’écrie-t-on ici, tout comme aux Bernardines de Marseille et au Festival d’Automne de Paris où il est attendu en 2010. Un touchant écho aux élans des sœurs : Moscou ! Moscou !
production
Théâtre Okolo de Moscou
avec le soutien du Département de la culture de la Ville de Moscou et de l'ONDA![]()
représentations à 20h30 sauf le jeudi à 19h
jeudi 17 décembre à l’issue de la représentation rencontre avec Youri Pogrebnitchko et l’équipe du spectacle
dans le cadre de la saison transfrontalière ![]()
navette gratuite entre Annecy et Genève le mercredi 16 décembre
texte
Anton Tchekhov
mise en scène
Pogrebnitchko Youri
scénographie et costumes
Bakhvalova Nadejda
assistante mise en scène
Tokareva Tatiana
technicien
Loguinov Nikita
éclairagiste
Chimberg Mikhail
ingénieur du son
Kisseliov Anatoliy
accessoiriste
Doukhan Elena
habilleuse
Avramova Ekaterina
avec
Chendrik Alexey
Koudrinskaya Ekaterina
Kirssanova Marianna
Iana Lissitskaya
Kassianik Elen
Pogrebnitchko Maria
Pavlov Youry
Khrabrov Vladimir
Bogdanov Vladimir
Oks Ilia
Stepanov Vitaly
Kaplounov Serguey
Loguinov Nikita
Orav Alexandre
Jeldine Konstantine
Egorova Anna
Zagorskaya Lilia
Losseva Tatiana
Bechoulia Olga
Kobzar Elena
auteur des surtitres
Macha Zonina
producteur de la tournée
Elena Guerasseva
musiciens
Pavlov Egor, Tiouftey Alexandra