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One Way Street,
une évocation de Walter Benjamin

un spectacle en anglais (sous-titré en français)
de Eric Bass et Roberto Salomon
par le Sandglass Theater (USA)

du 30 septembre au 11 octobre 2003
représentations à 20h30, jeudi à 19h, dimanche à 18h
(relâche lundi)
dès 12 ans

Avec des marionnettes manipulées à vue, figurants des personnages de la jeunesse, des rêves et des textes de Walter Benjamin, le Sandglass Theater invite à une balade en image et en musique sur les pas d’un philosophe inclassable. Hanté par l’art et la politique, son destin est aussi celui d’un enfant du siècle… Danser avec la marionnette, c’est danser avec nos secrets les plus intimes.

«Et n’allez surtout pas croire qu’il faut avoir lu ce philosophe pour suivre et comprendre le spectacle. Nul besoin de connaître par le menu sa vie et son œuvre pour deviner ce que font en son nom cette marionnette et ce marionnettiste qui ne font qu’un: même costume, même pochette, même lorgnons, même moustache… One Way Street est le plus court et le plus beau des chemins pour retrouver la trace toute fraîche de feu Benjamin.»
(Georges Cazenave, Dernières Nouvelles d’Alsace, 19 mars 2002)

Le spectacle de Eric Bass et Roberto Salomon, One Way Street, emprunte son titre à un ouvrage fameux
de Walter Benjamin, collage surréaliste au cœur de la société des années 20. Si le«sens unique» évoque
le chemin sans retour qui a mené le philosophe de Berlin, sa ville natale, à la frontière des Pyrénées où
il fut acculé au suicide par les nazis en 1940, la rue à sens unique suggère aussi une construction
imaginaire. Une rue inventée et de «nulle part», ouverte à toutes les sollicitations, à l’image de l’œuvre
hybride de Benjamin vouée à l’élaboration d’une lecture aiguë du monde moderne en éruption.
Ami de Kafka et de Brecht, traducteur de Baudelaire et de Proust, Walter Benjamin a su saisir
l’irrésistible mutation que la figure du progrès allait opérer au XXe siècle et a pressenti la dégradation
de l’idée de bonheur en marchandise. Observateur de l’édification des grandes métropoles et de leurs
signes distinctifs – technique, architecture, publicité –, curieux des chocs et des métamorphoses,
Benjamin brossera le tableau magique de ce «paysage urbain». Replongeant dans son enfance,
s’émerveillant des formes empruntées par le «nouveau» mais laissant entrevoir le spectre des ruines à
venir, Benjamin est ce «flâneur» attentif qui nous accompagne secrètement dans le labyrinthe
contemporain.