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Les rendez-vous à ne pas manquer

Soirées coup double : samedis 19 et 26 février
à 18h Woyzeck de Georg Büchner mise en scène par Jean Louis Hourdin
suivi à 20h30 de D’où viens-tu mon petit ?

Jeudi 3 mars, à l’issue de la représentation, rencontre avec Gérard Guillaumat.


D’où viens-tu mon petit ?

du 16 février au 6 mars 2005

Du 16 au 27 février représentations à l’Atelier du 7ème à 21h, relâche les 20, 21 et 27, 28
Dès le mardi 1er mars et jusqu’au dimanche 6, représentations au 2ème sous-sol à 20h30, sauf jeudi à 19h et dimanche à 18h.

écriture et interprétation Gérard Guillaumat
mise en scène Jean Louis Hourdin

" Que je vous conte et vous raconte l’histoire d’un homme: à la fin de la dernière guerre revenant des camps de concentration où il y avait perdu la parole. Un jour ne sachant que faire de sa journée, il accompagna un de ses amis à un cours d’Art Dramatique.
Le jour de l’audition arriva, quand ce fut son tour, la solitude et une peur terrifiante s’emparèrent de lui : cette impossibilité à formuler les mots de cette scène. Un bégaiement insurmontable, les rires qu’il entendait ; ce n’était pas des rires de moquerie. C’était vrai, c’était comique.
Il se souvient d’une petite sonnette et du silence, et une voix qui lui demandait de s’approcher: il était en face de Monsieur Dullin qui le considéra un certain temps et lui dit: d’où viens-tu mon petit ? " .

Lecteur d’exception et artiste singulier, Gérard Guillaumat est un ami fidèle du Théâtre Saint-Gervais. Il y a dit et mis en jeu El Halia de Louis Arti, Ô vous, frères humains d’Albert Cohen, Récital Dickens, L’homme qui rit de Victor Hugo et Contes paysans de Maupassant. Passeur de mots, Gérard Guillaumat sait la magie d’une histoire racontée. Il sait la force, lumineuse et inquiétante, des mots jetés en pâture à notre imagination. Il use d’un seul instrument, sa voix, et d’un seul geste; le doigt pointe soudain sur la page, soulève une phrase, la capture et enfin la libère pour en faire jaillir des images. C’est ainsi que Guillaumat invite le spectateur ébahi à bricoler à vue son propre théâtre. Etrange lanterne magique où les images sont projetées dans le cœur et dans la tête .

" D’où viens-tu mon petit ? ", telle est la question que Charles Dullin, ignorant tout du destin tragique du jeune homme posa en conclusion de cette audition catastrophique. Et fondatrice.

Après trois années passées à Buchenwald, Guillaumat est revenu à moitié aveugle et a perdu l’usage de la parole: les mots lui tombaient de la bouche, impuissants à nommer l’horreur des camps. C’est cette impossibilité et cet handicap même qui vont bizarrement le pousser vers le théâtre... lui qui voulait être horticulteur ! Depuis lors sa passion des mots ne l’a jamais dispensé d’une incessante bataille avec la technique du dire !

Pour ce spectacle pas comme les autres, il abandonne (presque) les mots des autres, et décide de dénouer publiquement le fil du récit de sa vie, mot à mot. Justement. Sans nostalgie et comme pour la première fois.

D’où viens-tu mon petit ?, c’est le titre d’un spectacle où Gérard Guillaumat, sous le regard fraternel de Jean Louis Hourdin, dresse, joue et danse quelque chose comme le théâtre de sa vie, de ses rêves et de ses espérances.