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Soirées coup double: samedis 19 et 26 février

l’occasion de venir assister au passage de relais entre la troupe du Woyzeck et Gérard Guillaumat

à 18h Woyzeck
à 20h30 D’où viens-tu mon petit? par Gérard Guillaumat


Woyzeck ou Franz et Marie drame populaire avec musique

du 15 au 27 février 2005

représentations à 20h30, sauf le jeudi à 19h et le dimanche à 18h (relâche lundi).

de Georg Büchner
mise en scène Jean Louis Hourdin

avec Daniel Briquet (le Tambour-major), Eloïse Brunet (Magreth / Keith), Maeva Rey / Léo Stefanelli (l’Enfant), Arlette Chosson (le 1er Artisan), Priscille Cuche (Marie), Agnès Duvivier (contrebasse-violoncelle), Julien Flament (Andrès), Paul Fructus (le Docteur), Pierre Henri (le Capitaine), Valérie Larroque (le Bonimenteur), Richard Mitou (Woyzeck), Guillaume Perrot (le 2ème Artisan), Alain Poisot (violon), Florian Vidgrain (trompette), Victor Zucchini (accordéon)

"Messieurs, mesdames,
la représentation commence! On fait le début du début. Et tout de suite, sur le champ, le commencement du commencement."

«Mort du typhus à Zurich en 1837, Georg Büchner a laissé, à 24 ans, trois œuvres majeures fulgurantes: La mort de Danton, Léonce et Léna, Woyzeck. Sans compter la nouvelle Lenz et Le messager hessois, un pamphlet politique, sa correspondance et des textes écrits lors de ses études d’anatomie.
Jean Louis Hourdin a porté à la scène toute l’œuvre de ce poète qu’il considère comme un frère en révolte et en indignation républicaines. Vingt ans après une première version, il revient aujourd’hui à Woyzeck, où Büchner raconte l’histoire triste et scandaleuse du soldat Franz, pauvre parmi les pauvres, de sa femme Marie et de leur enfant. Sans feu ni logis, sans argent, Franz et Marie sont terriblement seuls, sous un ciel vide, face aux puissants : le Docteur, le Capitaine, le Tambour-major…
Au contraire du mélodrame qui cultive la bonne conscience, Woyzeck est une espèce d’anti-conte, cruel et sauvage, sans morale établie, qui bouleverse et provoque à la fois.
Pour mémoire, Büchner, après avoir dénoncé les conditions de vie des pauvres gens de la région de Hesse, fut pourchassé par la police et forcé à l’exil.


Une troupe de théâtre avec un orchestre forain et sur le plateau, un chef de troupe: le Bonimenteur de la pièce de G. Büchner.
Nous commencerions par la scène de la foire, Woyzeck serait "le singe qui devient soldat, qui devient baron…".
Le théâtre dans le théâtre.
Les débuts du monde.
Un cirque onirique. (Beckett, Lola Montès de Max Ophuls)
Un humain qui se défait, jouet-cobaye entre les mains du monde, et sur qui pèsent non seulement l’oppression sociale, mais une sorte de fatalité biblique, métaphysique.
C’est tout l’ordre du monde qui le menace, l’écrase et loge en lui, dans sa tête, dans son corps, instant par instant, et le ruine; alors qu’il essaie de comprendre le monde,
désespérément.
J’aimerais régler ce spectacle comme une sorte de cérémonial forain et tragique, un drame populaire avec musique.
J’aimerais que tous les personnages aient leur poids d’énigme, de menace ou de tendresse;
que chaque silhouette soit un dessin épuré, et que tous aient leur chance: pas jouer le méchant capitaine, le méchant Docteur, le vilain Tambour-major. Ni la trahison certaine de Marie, ni l’évidence du meurtre de la fin.
Simplement sur scène : " des foutues bêtes ".
Une cérémonie tragique.
Une ronde fantastique, métaphore d’une descente aux enfers.

Jean Louis Hourdin