texte et mise en scène Michel Deutsch
avec Julia Batinova, Pascal Sangla
Julien Tsongas, Susann Vogel
Lucie Zelger
scénographie Jean-Marc Stehlé
costumes Arielle Chanty
lumières Hervé Audibert
vidéo Pierre Nouvel
son Michel Zurcher
assistant à la mise en scène
& régie générale Philippe Maeder
production Théâtre Saint-Gervais Genève, MC 93 Bobigny (Paris)
et la participation du Jeune Théâtre National
avec le soutien du Département des affaires culturelles de la Ville de Genève, du Département de l’instruction publique de l’Etat de Genève, de la Loterie romande, de Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture et du Fonds Intermittents pour l’encouragement à l’emploi.

en partenariat avec France Culture.
Mensch oder Schwein - La décennie rouge est publié chez Christian Bourgois éditeur.


Mensch oder Schwein ? Ou bien on est un porc ou bien on est un être humain. Ou bien survivre à tout prix ou bien se battre jusqu’à la mort. Ou bien problème ou bien solution. Entre les deux il n’y a rien.

Ce spectacle veut être une plongée dans ce qu’on a pu appeler dans les terribles années soixante-dix « L’Allemagne en automne ».

Que s’est-il passé ? Pourquoi en se radicalisant une bande de jeunes gens issue du mouvement étudiant s’est-t-elle engagée dans la voie du terrorisme ? Pourquoi une partie des intellectuels et de la bourgeoisie de gauche les a-t-elle soutenus ?

Du milieu des années soixante à la fin des années septante s’est développé, à travers toute l’Europe occidentale, un vaste mouvement de contestation du capitalisme. L’intelligence était critique et la jeunesse luttait pour une société différente, plus juste, plus libre, plus autonome. Ses rêves passaient par le « désir » de révolution.

On date la naissance de la Rote Armee Fraktion (RAF), plus connue sous le nom de groupe Baader-Meinhof ou bande à Baader, du 1er mai 1970. Après le reflux de la révolte étudiante, Baader, Ensslin, Meinhof et leurs camarades décident d’engager la lutte armée contre l’Etat et les structures autoritaires de la société libérale. Ils veulent instruire le procès des pères accusés d’être tous, sans exception, d’anciens nazis. Ils sont jeunes et beaux. Ils aiment les grosses cylindrées, les armes à feu et ils s’aiment. Ils ressemblent aux acteurs de la Nouvelle Vague. Mais le film qu’ils se jouent, sorte de remake de Bonnie and Clyde, va tourner à la série noire, au polar rouge sang. La RAF affirme que l’heure est à la lutte armée dans les métropoles et que ce n’est plus le prolétariat allemand embourgeoisé mais elle, désormais, qui est le vrai « moteur » révolutionnaire.

Mensch oder Schwein raconte la dérive de ces soldats perdus appartenant à une jeunesse qui voulait changer le monde, connue sous le nom de Protestgeneration.
Michel Deutsch a construit une oeuvre, qui entremêle documents historiques écrits ou sonores et scènes de pure fiction. Rassemblant les déclarations de la RAF, les lettres échangées entre les membres de la « bande », les textes d’écrivains engagés comme Heinrich Böll ou Gunther Grass, les minutes des procès, il embrasse toute une époque marquée aussi par le féminisme, l’opposition à la guerre que les Américains menaient au Vietnam, par le refus du communisme soviétique, par le conflit israélo-palestinien…
Cinq comédiens, trois femmes et deux hommes, prennent en charge une trentaine de protagonistes. On entend des voix enregistrées, des bandes-son radiophoniques ; on voit des documents d’actualité. L’histoire se passe dans une cellule de la prison de Stammheim, dans un bureau de la police criminelle qui sert de salle de projection. Des témoins sont convoqués…

"Il n’est pas question d’idéaliser à posteriori ou de légitimer la RAF. Même si depuis elle est devenue objet d’exposition et de mode, au sens propre. Tel couturier italien n’hésitant pas à lancer une collection à l’enseigne du Groupe ! Pour la BBC, la RAF était la réponse allemande aux Rolling Stones. Ce qui est assez bien vu. Reste qu’en racontant l’histoire du Groupe Baader-Meinhof on ne fera pas l’économie de ses victimes."
Michel Deutsch

Michel Deutsch est auteur d’une vingtaine d’ouvrages – poèmes, essais, théâtre. Traduit et joué dans de nombreux pays dont l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et les Etats-Unis, son théâtre a été monté, en France, notamment par Robert Gironès, Jean Louis Hourdin, Georges Lavaudant ou encore Alain Françon.
Il met en scène ses propres textes mais également ceux de Hölderlin ou Heiner Müller. En janvier 2005, il a créé au Théâtre Saint-Gervais Müller Factory. Michel Deutsch est également metteur en scène d’opéra et réalisateur de documentaires.

Représentations à 20h30,
sauf jeudi à 19h et dimanche à 18h
(relâche dimanche 29 avril et les lundis)

jeudi 19 avril, 19h
Nous avons mis fin à son existence pitoyable et corrompue
conférence sur la RAF par Philippe Schwed, historien

jeudi 3 mai, à l’issue de la représentation
rencontre avec l’équipe du spectacle

lundi 7 mai, 20h
Se sentir devenir muette
textes d’Ulrike Meinhof mis en lecture par Delphine Horst, Jérôme Richer et Vincent Bertholet.