« Quand j'ai pas le moral, je regarde des photos de mon chien sur mon iPod
et si ça va pas mieux, j'appelle ma mère » Renée Zellweger
« Epouser Andromaque c'est commencer une vita nuova où toutes les valeurs
du passé sont allègrement refusées... » Roland Barthes
mise en scène Marielle Pinsard


avec Julie Cloux, Lionel Frésard,
Stefano Giacometti,
Marblum Jéquier, François Karlen,
Johanna Korthals Altes,
Pierre Laneyrie, Laurent Lecoultre,
David Loyola, Marie-Madeleine
Pasquier, Lea Steinle


collaboration artistique Fabrice Gorgerat


élément du décor Alexandre Joly


création musique Ajja SF Leu


chorégraphe Sally SLY


lumières Stéphane Gattoni


son Ludovic Guglielmazzi


régie lumières Yan Godat


régie son Nicola Frediani


costumes Jennifer Wesse


maquillage Sévérine Irondelle


scénographie, accessoires, bidules Frédérique Vidal


recherche et bibliographie Arianne Crochet


captation vidéo Joëlle Wider


administration Christina Martinoni


Depuis 2005, Marielle Pinsard a consacré trois ateliers et un spectacle à une pièce qui la fascine durablement. Dans cette ultime variation, Andromaque brille toujours par son absence, alors que Pyrrhus et sa bande cherchent à combler leur manque d'amour par quelques sensations fortes. Blasés, informés en continu des horreurs de la planète, désormais clairement en danger, ces «fils de» déversent des platitudes avec commisération grâce à une inquiétude très étudiée. Ils offrent le spectacle d'un monde d'ennui où le goût du sacrifice n'existe plus et où l'oubli des valeurs se trinque joyeusement au champagne.
En creux du chef-d'oeuvre classique, Marielle Pinsard s'interroge sur la signification actuelle de la tragédie. Elle propose un théâtre grinçant sur les comportements d'une microsociété bien nourrie, tournant à vide, où la prétendue conscience des enjeux cruciaux d'aujourd'hui aboutit tragiquement à la célébration de héros du rien.

«D'une manière plus générale, transplanté hors de l'espace tragique, l'homme racinien "s'ennuie": il parcourt tout espace réel comme une succession de chaînes : l'ennui est évidemment ici un substitut de la mort :
toutes les conduites qui suspendent la langage font cesser la vie.»
Roland Barthes

Avec le soutien du Département de l'Instruction Publique du Canton de Genève et de la Loterie Romande.

représentation à 20h30, sauf jeudi 13 décembre à 19h00 et dimanche 16 décembre à 18h00
Plein tarif : Frs 26.- retraité,chômeur, AI : Frs 14.- étudiant : Frs 12.-

Pyrrhus Hilton est en jeu du 5 au 9 décembre à l'Arsenic de Lausanne
www.theatre-arsenic.ch

Le texte de ce spectacle est librement inspiré du chef-d'oeuvre classique Andromaque de Jean Racine : Orestre aime Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime Hector qui est mort... Marielle Pinsard respecte le caractère, la fonction et les noms des personnages raciniens. Face au miroir que lui tend Andromaque, depuis la nuit des temps, Pinsard se retourne vers son époque et s'y plonge.

«Pour ma part, j'ai décidé d'y voir une génération au creux de la vague, gâtée, insolente et qui tisse son propre destin tragique. Une génération, la mienne souvent, où on s'ennuie, où on parle pour exister, où on cherche des sensations fortes pour se sentir vivre, où on ressent le besoin de remettre en jeu le pouvoir afin de s'amuser. Dans mon histoire – qui est d'une certaine façon politique et actuelle – un jour, cette forme d'inertie fera tout basculer.
Pyrrhus est le personnage qui m'a le plus intriguée. Il représente, et pas seulement chez Racine, le héros parfait, la figure qui allie la réussite et la droiture morale. Dans cette pièce, il semble que le pouvoir rencontre son aspect sombre, son revers de la médaille et se confronte soudain au problème d'être au sommet de la pyramide : quel challenge peut-on encore avoir quand on a tout gagné, tout réussi et tout reçu ? Pyrrhus porte le drapeau du héros moderne, jeune, beau, instruit; mais cependant, quelque chose ne tourne pas rond.
Si on veut bien, Andromaque nous raconte l'histoire d'un mariage arrangé. En quelque sorte, pour échapper à son destin, Pyrrhus ne peut envisager qu'une solution qui, de plus, est impossible à formuler pour un héros qui est le fils d'Achille : la mort. Une mort subtile, dramatique et donc prestigieuse, une mort qu'il va trouver à travers Andromaque, sa captive, dont il a tué le mari Hector lors de la guerre de Troie.
Alors qui est ce Pyrrhus Hilton ? Quelle figure forte emprunte-t-il pour raconter le monde ? Je propose : le nanti-héros, appellation qui serait très XXIe siècle. Le nanti-héros est un homme (Mann) d'aujourd'hui, un dont on se demande : «mais qu'est ce qu'il a pour avoir tout ?». Un qui nous fait pas rêver, ou mal rêver. Un pantin sûrement. Un Blair, un Bush, un Berlusconi, un Chirac, un ... Un Pyrrhus qui n'a pas (plus?) l'idéal du sacrifice, tout simplement.»
Marielle Pinsard

Pyrrhus Hilton s'annonce comme le spectacle le plus audacieux de Marielle Pinsard. Il concentre avec une acuité dramaturgique redoutable toute sa capacité d'observation et d'interprétation du monde et des gens dans le monde.
Pinsard pousse trè loin l'empathie révulsive et contrariée avec le sujet même de sa pièce et ses protagonistes. Autoportrait d'une génération , qui est à la fois la sienne mais pas uniquement, Pyrrhus Hilton flirte délibérément avec sa part obscure. Au-delà d'une classe sociale privilégiée donnée, c'est aussi le milieu de l'art et de la culture dont il est question. D'où le charme discret et l'ironie ambivalente générés par cette représentation, au fil de laquelle le temps suspend parfois son vol pour mieux fouiller les entrailles d'une société pas toujours très présentable.

"Andromaque et Pyrrhus"
de Pierre-Narcisse Guérin 1813

pour consulter les plages horaires libres:
www.production-sturmfrei.ch/sturm.swf


- William Shakespeare
Etape 1 : Looking for William, lundi 26 novembre 07

- Jean Baptiste Poquelin dit Molière
Etape 2 : conférence / molière / fiction,
mardi 18 décembre 07 à 20h00 Entrée libre

- Anton Tchékhov
Etape 3 : pénates tchékhoviennes, jeudi 31 janvier 08

- August Strindberg
Etape 4 : moi, August Strindberg, ayant égorgé..., vendredi 22 février 08


A l'affiche au Théâtre en Cavale !

La Vierge froide et autres
racontars...
du 30 novembre au 16 décembre 2007

Photos © Christian Lutz