A un certain moment de ta vie, tu devrais sérieusement songer à cesser de faire l'andouille.
spectacle en espagnol et italien, surtitré en français
texte et mis en scène
Rodrigo Garcia
avec
Lucas Camilletti,Jorge Horno, Agnes Matrus
lumières
Carlos Marquerie
video
Ramon Diago
assistante à la mise en scène
Alessandra Maoggi
techniciens
Roberto Cafaggini, Davide Clementi
traduction française
Christilla Vasserot
production
Laboratorio Nove - Firenze, Intercity Festival / Teatro delle Limonaia - Sesto Fiorentino, Kulturno Drustvo B-51 Ex Ponto -Liubjana, Théâtre Saint-Gervais Genève

Représentation à 20h30, sauf jeudi à 19h00 et dimanche à 18h00

Plein tarif 26.- frs / retraité, chômeur, AI14.- frs / étudiant 12.- frs

stations urbaines # 1



Un théâtre pentagone, sur le toit de Saint-Gervais, jusqu'en juin 2008.
Pour regarder avec les oreilles Genève à 360° en écoutant "Une pièce de sport" d'Elfriede Jelinek
mise en scène Maya Bösch, cie Sturmfrei.


Ouverture automnale (du 24.09 au 21.12)
Version intégrale (6h, plein tarif 26.- frs/ tarifs réduits 14.- et 12.- frs) le mercredi, samedi et dimanche, de 12h à 18h ainsi que le dernier jour de chaque mois de 12h à 24h.
Bande annonce (13 minutes, tarif unique 5.- frs) : une heure avant chaque représentation de "In algun momento de la vida deberias proponerte seriamente dejar hacer el ridiculo".
Réservations vivement encouragées au 022 908 20 20 ou
www.production-sturmfrei.ch

Mourir en manifestant
La fusillade de Genève parmi d'autres répressions sociales dans les démocraties européennes.

Mercredi 7 novembre 2007 au Théâtre Saint-Gervais

"Je ressens le désir de faire dans cette pièce un long poème sur ce qui est inutile, sur les actions humaines qui ne servent à rien, mais qui en revanche peuvent engendrer du plaisir, de l'amour, du bonheur."

Rodrigo Garcia

Depuis 1998, où il était venu donné Nouvelles offenses, Rodrigo Garcia, présent sur les scènes d'Europe et d'Amérique du Sud, a gardé une belle fidélité pour Saint-Gervais et son public. Après Borges + Goya, il est de retour avec une nouvelle création, donnée en septembre au Festival Intercity de Sesto Fiorentino (Italie). Dans la foulée du dernier festival d'Avignon où ses deux spectacles ont marqué les esprits, Rodrigo Garcia s'aventure ici sur un terrain inconnu, entre arts plastiques, performance élaborée et poésie brute. A la recherche d'un théâtre où l'intime rejoint le politique. Dans cette nouvelle proposition, la figure emblématique du Golem - humanoïde inachevé qui hante les mythologies religieuses et artistiques - dialogue avec des vers de terre, des jaunes d'oeuf et des clous... A un certain moment de ta vie, tu devrais sérieusement songer à cesser de faire l'andouille.

Voici une nouvelle tentative pour sillonner par des chemins incertains une culture protégée et bien trop ordonnée, qui se targue d'avoir chaque chose à sa place, chaque objet et chaque être vivant sous contrôle (géologie économique).

Le désordre - sa séduction - est troublant, en raison de ce qu'il suppose de perfection en suspens, d'organisme toujours sur le point d'affleurer : nous appelons désorde des enchaînements précis de faits inaccoutumés dont nous soupçonnons en secret qu'ils sont absolus et que nous qualifions pour ce motifs d'imparfaits et d'inutiles (par peur, me semble-t-il).

A ce stade, une manifestation artistique devrait être un enchaînement rigoureux de gestes en quête d'une certaine AMELIORATION :

1. de la routine (j'entends par amélioration le recours à l'inaccoutumé, en insistant sur l'idée d'éthiques précaires, qui s'annulent les unes les autres et qui forment la Grande Ethique éphémère et infinie et contradictoire);

2. de l'histoire (l'histoire démontre que toute tentative de perpétuer, de figer, n'a réussi qu'à retarder ce qui devait arriver).

Chaque fois que l'on parle de chaotique ou de non-sens face à des gestes démunis, on fait l'andouille.

Rodrigo Garcia

Moraliste paradoxal, Rodrigo Garcia renoue avec les origines du rite théâtral - son rôle, ses enjeux, son impact - en ce qu'il active tous les sens du spectateur, au cours d'une expérience intime et publique à la fois. Ce théâtre attend donc - et espère - une réaction en retour : sensuelle et intellectuelle, intempestive, dubitative. On pourrait penser qu'il exagère quand il nous montre, par le menu, comment nous creusons nos tombes aveuglément et avant l'heure. Mais est-ce bien lui qui exagère, alors qu'il s'attache simplement à faire de la scène cet oeil du cyclone, espace éphémère dépositaire du bruit et de la fureur de nos sociétés domestiques et guerrières? Ici, l'exagération est la condition pour prendre la mesure de l'état des choses.

Rodrigo Garcia travaille à la cristallisation de nos "lieux communs", cherche le contact avec nos démons et autres mythologies contemporaines. Dans ses fables, il montre comment la publicité a infiltré tous les lieux de notre existences, se substituant à la politique et gouvernant sous son masque. Il monte et démonte ce que l'on croit connaître mais que l'on ne veut pas voir : notre implication personnelle croissante dans ce système. D'où l'étiquette de "provocateur" qu'on lui colle. A la vérité, ce sentiment de provocation n'est-il pas le signe que son travail réveille notre capacité à être des spectateurs encore vivants, capables d'émerveillement, de jugement et d'indignation ? Le jeu insolent du théâtre contre le sérieux morbide de la mascarade sociale.

Rodrigo Garcia est né en 1964 à Buenos Aires, en Argentine. Depuis 1986, il vit et travaille à Madrid. Il est auteur, scénographe et metteur en scène.

Il a écrit et mis en scène entre autres Acera derecha (1989), Matando horas (1991), Prometeo (1992), Notas de cocina (1994), Carnicero español (1995), After Sun (2000), J'ai acheté une pelle chez Ikea pour creuser ma tombe (2002), L'Histoire de Ronald, le clown de McDonald's (2003), Jardineria humana (2003), Et dispersez mes cendres à Eurodisney (2006) et Cruda. Vuelta y vuelta. Al punto. Chamuscada. (2007).

La plupart de ses textes récents sont traduits et publiés aux éditions des Solidaires Intempestifs.