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La présence de la mort, des morts, dans nos vies réelles est une expérience indicible, toujours unique, toujours violente. Sur scène, la vie est vraie et fausse à la fois, et la mort toujours fausse. Sur scène, la vie et la mort sont un jeu et le temps est libre…
Vous ne verrez pas ici la parole des morts, mais bien celle des vivants qui nous racontent des histoires assemblées par collages, par touches impressionnistes qui multiplient ainsi les points de vue afin d’en montrer les contradictions. Ce sont des enquêtes, des questions, des témoignages. Le deuil, la souffrance, l’angoisse ou le déni, le désarroi, la simple joie de vivre aussi, le savoir-faire - quand il s’agit de professionnels - tout peut s’exprimer avec pudeur et simplicité, et tout s’entend. Le cri qu’on n’a pas poussé, le fou rire qu’on a retenu, l’insulte à Dieu qu’on a gardée.
Souvent, ces témoignages et ces recherches conduisent à des personnages et des situations très riches, surréalistes, à peine croyables, qui seront mises en fiction : celui qui pratique la thanatopraxie, et qui parlera avec une grande simplicité de son savoir-faire inconnu, absolument tabou et qui pourtant nous concerne tous. Celui qui voudra toujours détendre l’atmosphère en racontant des histoires drôles, parce que décidément, on ne peut pas parler de la mort, c’est trop triste. Celui qui n’ose pas s’endormir de peur de ne plus se réveiller. Celui qui a tout compris sur la mort, qui sait où vont nos âmes. Celui qui voudrait mourir et qui n’y parvient jamais et celui qui en a marre de mourir tout le temps. Celui qui ne fait qu’inspirer sans jamais expirer. Et beaucoup d’autres… Ce sont des personnages et des situations qui, au-delà de l’anecdote, viennent déranger notre puissant ordre des choses et bousculent nos idées reçues.
Les auteurs de ce spectacle ont écrit, mais également puisé dans un matériel fait de témoignages, de recherches scientifiques, de textes philosophiques et poétiques, de scènes écrites, de canevas muets et de thèmes d’improvisation afin de mettre en lumière avec humour notre légitime et absurde besoin de sens.
En 2002, Sandra Gaudin, Ben Merlin et Christian Scheidt ont décidé de fonder la Compagnie Un Air de Rien, très vite rejoint par Hélène Cattin. Les créations de la compagnie sont le fruit de leur travail collectif pour l’écriture théâtrale, la sonorisation, la réalisation des films, le jeu et la mise en scène. En parallèle, les quatre comédiens poursuivent chacun une carrière théâtrale sur les scènes romandes depuis de nombreuses années.
Comédienne et metteure en scène, Hélène Cattin fonde en 1998, avec Céline Goormaghtigh, Marie-Madeleine Pasquier et Emmanuelle Vouillamoz, la Compagnie Le Coût du Lapin, où elle réalise les mises en scène de Le Sommeil du Lapin et L’Os. Avec la Compagnie Un Air de Rien, elle crée, avec Sandra Gaudin, Ben Merlin et Christian Scheidt, Reviens, Cheese et Flash, elle écrit et met en scène avec Sandra Gaudin Je vais te manger le cœur avec mes petites dents. Elle a aussi travaillé avec le Théâtre Cabaret Voyage, où elle met en scène La Truite, de Marielle Pinsard, le Collectif Nunc dans des mises en scène de Jo Boegli, ainsi qu’avec Hervé Loichemol, Anne Bisang, Jacques Roman, Domenico Carli, le Théâtre du Loup, Yves Beaunesne, et avec la Compagnie Alchimie, dans Jeune, de Pierre-Louis Péclat, mis en scène par Jo Boegli. Récemment, elle a joué dans Les derniers jours de l’humanité, de Karl Kraus, mis en scène par Georges Guerreiro, dans Pierrot le fou, la dernière création de la Compagnie Un Air de Rien, créée au Théâtre de Vidy en janvier 2008.
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