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Programme
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08-09 - Bâtie

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Du 30 août au 5 septembre
Nous ne tiendrons pas nos promesses

Marielle Pinsard n’en démord pas : nous autres, qui sommes du bon côté de la barrière, sommes des êtres sans parole. Parce que, hormis le fait de répéter d’un air pénétré des phrases toutes faites sur la marche tragique du monde, nous n’avons rien à dire. Parce que, quoi qu’on en dise, nous ne tiendrons pas nos promesses.
Si c’est à en pleurer, pour Marielle Pinsard, c’est aussi l’occasion d’en rire et de monter un vaudeville exemplaire de notre pantalonnade sociale. Remplaçant les amants du placard par une bonne dose de grands sentiments, de mauvaise foi et de vin blanc, elle construit, sur un rythme diabolique, un chassé-croisé pervers et férocement autocritique.
Entre amis, on s’arrange toujours. Ecrit en 2004 dans le cadre d’une résidence d’auteur à Marseille et présenté en lecture sur la Scène Nationale de Martigues, ce texte a valu à Marielle Pinsard sa première carte blanche au Festival d’Avignon, dont elle est devenue une invitée régulière.


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Du 31 août au 13 septembre
relâche les 6 et 7 septembre
La Ville et les Ombres

Un an après l’évacuation de Rhino, squat emblématique de Genève, Jérôme Richer revient sur les lieux du crime et émet l’hypothèse que cette affaire révèle la psyché d’une époque. Dans la lignée d’un théâtre documentaire, qui fouille le réel, s’alimente de la lecture des journaux, de la consultation des blogs et des forums, ce spectacle s’applique à rendre compte des voix d’une ville, entre ombres et lumières. Au-delà d’une opinion partisane, Jérôme Richer cherche à faire surgir des questions complexes et contradictoires.
Entre légalité et illégalité, quelle égalité ? Un spectacle urbain et musical. Histoire de ne pas sombrer dans l’amnésie ou se complaire dans les explications toutes cuites.
Ne pas rompre avec le passé proche, dégager un peu l’horizon, prendre du champ.


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Du 31 août au 13 septembre
relâche les 6 et 7 septembre
Frankenstein

Eric Salama a le mors aux dents et les votations fédérales concernant la loi sur les étrangers encore sur l'estomac. L'inhumanité de la politique d'asile helvétique lui rappelle un monstre de fabrication locale. Une créature née du cerveau cabossé d'un savant et honorable bourgeois de Genève, connue sous le nom de son père artificiel : Frankenstein.
Constitué de membres et d'organes exhumés dans des cimetières ou volés dans les poubelles des salles d'opération, Frankenstein est aussi un puzzle d'humanité. Un parangon du métissage. L'occasion de mettre sur le gril les douaniers suisses, leurs experts psychiatriques et l'ensemble du filtre juridique. La créature obtiendra-t-elle son permis de séjour ?


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Du 31 août au 11 septembre
Genève dans l'oeil du cyclone
deuxième édition

« Les évènements qui agitent l'Europe ne sont pour Genève qu'un spectacle dont elle jouit sans y prendre part » dixit d'Alembert, en 1757. Depuis, le Rhône et l'Arve ont coulé sous les ponts.
Et Genève reste décidément cet oeil du cyclone, point stable au coeur de la tornade planétaire : Genève ou l'art d'être un spectateur impliqué dans le monde du théâtre du monde. Pendant le Festival de la Bâtie, cet oeil se déplacera dans les neuf étages de la maison de St-Gervais. Passer la porte d'entrée, c'est passer une frontière invisible, quitter ses certitudes pour aller à la rencontre de nos fantômes, poser un regard décalé sur Genève et nous-mêmes. Un collectif d'artistes, de sociologues et de juristes mène une enquête où spectateur et acteurs se regarderont les yeux dans les yeux. Une déambulation à rebondissements, qui conduira parfois aux spectacles Frankenstein et La Ville et les Ombres.


octobre - novembre

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Du 7 au 11 octobre 2008
Avant la séance de cinéma

Le théâtre de Youri Pogrebnitchko, parois rouillées, robes défraîchies, planches délavées et vieux airs fredonnés le coeur serré, c'est la mémoire en péril et le présent qui respire encore. En Kaurismäki russe, il rend ici un hommage aigre-doux aux romances soviétiques qui précédaient les films à l'époque où le cinéma ressemblait au théâtre. La salle était appelée un « Ciné-Théâtre ». C'était la fête et le lieu de tous les rendez-vous.
Trois musiciens et ma petite Maroussia, tel est le sous-titre de ce spectacle composé de danses, chansons, poèmes, avec un récit de William Soroyan. Litanies du mal d'amour et de l'exil, bluettes décalées, artistes échoués : autant de notes sensibles et de variétés, sous les arches triomphantes des slogans staliniens.


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Du 28 octobre au 9 novembre 2008
Jean-Jacques Rousseau

Le citoyen de Genève ne s'arrête jamais au bord de la contradiction, il va au contact. Il est l'ambivalence même. Misanthrope mais rêveur, polémiste mais affligé, farouche opposant au théâtre, Jean-Jacques Rousseau n'en a pas moins écrit pièces et opéra-comiques.
Michel Raskine, qui reprend ici un remarquable montage de textes établi, il y a trente ans, par Jean Jourdheuil et Bernard Chartreux, met en valeur un Rousseau proche du concret de la vie, de la botanique, de la nourriture, de la communauté et... du théâtre. Cet homme écartelé est porté à la scène par une comédienne, Marief Guittier, qui n'en est pas à son premier travestissement théâtral. Accompagnée du jeune Bertrand, technicien de son état, elle s'adressera, le temps d'une journée d'été à la campagne, à des spectateurs confidents. La philosophie, ici, réconcilie le jeu et la pensée.


Baader

Du 25 au 29 novembre 2008
La Décennie Rouge

Mensch oder Schwein. Didactique, explosif et rock-and-roll, ce spectacle consacré à la RAF (Rote Armee Fraktion), plus connue sous le nom du groupe Baader-Meinhof, est de retour à Genève après son succès à Paris en 2007, et avant qu'il n'y retourne, cette saison, dans la foulée d'une importante tournée en France.
Une plongée dans le terrorisme allemand des années soixante-dix. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils s'aiment, ils sont contre - ils veulent instruire le procès des pères accusés d'être d'anciens nazis, mettre l'Etat à terre, sur un air des Rolling Stones. Ils aiment les grosses cylindrées et les armes à feu - et ça ne finit pas bien. Entremêlant documents historiques et scènes de fiction, Michel Deutsch écrit une oeuvre sans complaisance, confronte la petite et la grande histoire, nous permettant d'appréhender avec précision cette époque fatale. Cinq comédiens s'emparent d'une trentaine de protagonistes et jouent à raconter le destin d'une jeunesse qui voulait changer le monde et l'a mis à sang.



décembre - janvier

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Du 10 au 19 décembre 2008
Georges Dandin et Bajazet

Stage d'André Steiger.

Quelle différence y a-t-il entre un mari cocu et une démocratie gouvernée par l'audimat ? Aucune, nous dit André Steiger. Qu'il soit politique ou intime, le pouvoir est la question centrale du théâtre. C'est pourquoi le metteur en scène et pédagogue articule la comédie du mari floué de Molière et la tragédie politique de Racine : deux tours infernales.
A son habitude, il aborde l'actualité par la fable. Car pour lui, le théâtre classique, c'est celui qui intervient dans la lutte des classes (et avec classe). Brisant la coquille des mots pour jubiler dans leur polysémie, André Steiger est un accélérateur de pensées.
Ce spectacle sera le résultat d'un stage de «formation continuée» - expression que Steiger préfère pour l'accent qui appelle au renouvellement - réunissant l'ensemble des corps de métiers du théâtre. C'est sa manière, élégante et généreuse, de passer le cap de sa quatre-vingtième année.


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Du 7 au 27 janvier 2009
Mon cher frère

Mémoires blessées

Ils vivaient dans ces villes jusqu'aux années 1914; ils étaient là avec leurs églises, leurs monastères, leurs écoles, leurs hospices, leurs hôpitaux, leurs orphelinats, leurs manufactures, leurs maisons de commerce, leurs hôtels, leurs boutiques, leurs studios de photo, leurs journaux et leurs imprimeries. Les Arméniens étaient là pendant des siècles, sinon des millénaires.
Et maintenant?
Ils ne sont plus là!
Issu de la collection Orlando Carlo Calumeno, cet ensemble d'environ 500 cartes postales témoigne du multiculturalisme dans l'Empire Ottoman, qui mobilisait parfois jusqu'à cinq alphabets (turc ottoman, arménien, grec, français et dialecte espagnol).

Une exposition de cartes postales accompagnée de lectures, concerts, conférences et rencontres, dans le cadre d'un mois consacré aux Mémoires blessées, avec comme point d'orgue La journée de la mémoire, le 27 janvier, organisée avec le Département de l'instruction publique du canton de Genève.


février - mars

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Du 17 février au 8 mars 2009
Marie Coquelicot

Conception et jeu Isabelle Maurice
Mise en scène Pierre Miserez

Créé en 1987 au festival de la Bâtie, Marie Coquelicot, veut faire entendre le témoignage d’une femme de la campagne, qui comme mille autres avant elle, se trouve confrontée à la violence familiale, à la dureté du monde rural, aux faiblesses des hommes. Ce texte de Pascal Rebetez, qui avait remporté un vif succès lors de la création du spectacle, s’est doucement glissé dans l’attente d’une redécouverte, initiée par Isabelle Maurice.
« Les années passent avec leur cortège d’oubli, ses fantômes et sa chaîne de mots qui tout à coup réapparaissent
et veulent à nouveau se faire entendre. Est-ce bien raisonnable ? (…) Oui, on peut redire ces mots, ils ont gardé leur saveur et leur capacité d’indignation. La grande machine à broyer les consciences a fait quelques tours de plus, mais la voix des « petites gens » est toujours à entendre et même si de nouveaux vocables sont apparus pour nommer l’innommable, quart-monde, working poors, SDF – la réalité rejoint désormais ce que la fiction présentait il y a vingt ans : si le naufrage humain est avant tout individuel, il y a bien un système qui fabrique des galères ! » Pascal Rebetez

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Du 19 février au 8 mars 2009
Elles parlent aux animaux

Triptyque de Gilles-Souleymane Laubert

Le triptyque Elles parlent aux animaux est composé de trois soliloques, trois récits de femmes.
Les héroïnes de ces histoires – Carlotta, une ancienne star de théâtre, Denise, une ouvrière d’usine, et Khadîdja, une costumière d’opéra – ont en commun de s’adresser à un partenaire du monde animal : successivement une petite chienne, un poisson rouge et un oiseau des îles.
Deux des textes sont en relation étroite avec l’univers du théâtre, le troisième s’ouvrant sur le monde du travail. Les trois soliloques entretiennent un rapport direct et complexe avec l’histoire européenne du vingtième siècle : de Moscou à Genève en passant par Besançon, le théâtre se déplace sur la carte de l’Europe d’après la chute du mur de Berlin. Avec ces trois textes, Gilles-Souleymane Laubert nous entraîne dans un jeu de miroir où se font et se défont les apparences, produisant un théâtre imprévisible et vertigineux dans lequel, comme en une chambre d’écho, les voix débordent, dérapent, se croisent, s’embrasent et disparaissent.
Ces voix nous parlent de trois destins de femmes en prise avec l’histoire de leur vie et de leur temps : elles nous parlent avec une intensité implacable mais aussi avec une tendresse bouleversante : elles disent les rêves, les combats, les désillusions, les bonheurs de trois êtres marginalisés et rejetés par la société et qui pourtant s’acharnent à vivre avec l’énergie et la beauté du désespoir. Trois histoires à la fois banales et exemplaires ! Martine Paschoud


Du 31 mars au 5 avril 2009
Nico-Medea-Icon

Opéra rock Mise en scène Philippe Vincent / Textes de Heiner Müller Rivage à l’abandon, Matériau-Médée, Paysage avec argonautes Poésies, textes, chansons Nico, Lou Reed, Lester Bangs / Composition musicale Bob Lipman et Dominique Lentin

Noire égérie d’Andy Warhol, beauté ténébreuse du Velvet Underground, héroïne de l’héroïne, Nico c’est la tragédie grecque du rock. Celle qui a mis tout son génie à détruire la grâce infinie qu’elle avait reçue, offre un troublant miroir au Matériau Médée de Heiner Müller. Médée se venge de son mari qu’elle aime passionnément en tuant sa nouvelle femme et en assassinant ses propres enfants. Philippe Vincent entrechoque les univers de Heiner Müller, dont il a déjà monté une dizaine de textes, et de Nico pour créer un éblouissement vénéneux.

Construit comme un concert de rock, avec projections vidéo et micro sur pied, cette performance physique et poétique mène à l’épuisement et tente d’exploser le mal au-dehors. Drogue, sexe, terrorisme, rock and roll et tragédie grecque via l’Allemagne. Cet accueil se réalise dans le cadre de La belle voisine, programme d’échanges entre Lyon, Rhône-Alpes et la Suisse.


avril - mai

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Du 20 au 29 avril 2009
J'ai l'impression qu'André est mort dans les toilettes

De Christian Scheidt, Hélène Cattin, Sandra Gaudin
Mise en scène Hélène Cattin

Quoi que nous fassions, nous avons l’air de quelqu’un qui part…
Le grand départ, dit-on. Ici, une femme veut mourir. Tout va bien, elle n’est pas malade, pas suicidaire, elle a simplement fait le tour de la vie. Mais la mort ne vient pas, se fait attendre.
Le théâtre est le lieu de l’apparition et de la disparition, de la réapparition, des fantômes et des oubliés. Le théâtre se jouerait-il de l’impossible passage, lui qui peut suspendre l’envol du temps? Ou couper le souffle ? Si l’éphémère est un avant-goût de la mort et le cinéma la mort au travail, le théâtre en serait-il le seuil ?

La compagnie Un air de rien danse sur un fil. Les objets morts sont toujours vivants. Les personnes vivantes sont souvent déjà mortes, dixit Jean-Luc Godard, expert en fictions à la vie à la mort.


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Du 5 au 16 mai 2009
Utopie d'une mise en scène

Mise en scène Christian Geffroy Schlittler

Il fut un temps, pas si lointain, où les artistes hissèrent les enjeux esthétiques à la hauteur des enjeux sociopolitiques. Des gens de théâtre tentaient alors de mettre en scène l’utopie.
L’utopie révolutionnaire : embrasement simultané du politique et de l’artistique.
Utopie d’une époque ?
Ne rêverons-nous plus jamais d’un monde meilleur ?
Ne réaliserons-nous jamais un monde meilleur ?
Entre ces deux questions, c’est le grand écart.
Le grand écart entre l’utopie comme espérance, ailleurs, imagination, et celle qui est la réalisation concrète d’une société idéale.
C’est de ce grand écart que l’artiste tient sa force.
C’est dans l’exécution de ce geste que s’écroulent les nations utopiques modernes.

Et c’est dans le refus de chercher encore un grand écart possible que nos sociétés s’amollissent.


Du 19 au 31 mai 2009
Optimistic vs Pessimistic
Psychophonies de l'âme

Idée originale et conception Esperanza Lopez et Oscar Gomez Mata

Pamphlet contre la vie en noir OU blanc, coup de pied dans le texte OU l’image, corps à corps généreux avec les codes de représentation, Optimistic vs Pessimistic mène un chaos d’enfer et de fête : une provocation à jouer et à penser. Marchons au pas et pensons compact, clament les trublions. La compagnie basque OU suisse n’oublie personne quand elle tire dans le tas, à commencer par elle-même. Un spectacle bien évidemment surtitré en chinois, mais rien à voir avec les Jeux Olympiques !

Psychophonies de l’âme est tout à la fois une exposition vivante, des questions pour un champignon, un poème visuel inspiré de Robert Filliou, le karaoké de nos voix intérieures. Le spectateur participe ainsi à la déconstruction joyeuse de son identité.

L’Alakran fait son check-up avec deux spectacles, qui ont tourné à travers l’Europe, après leurs créations au Théâtre Saint-Gervais, où L’Alakran est né, en 1997, et a été en résidence jusqu’en 2005.


juin

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Du 16 au 28 juin 2009
Le Maître des minutes
Calvin, le guetteur et l'horloger

Texte Nicolas Buri et Dominique Ziegler
Mise en scène Nicolas Buri et Dominique Ziegler assistés de Anke Lotz et Philippe Macasdar.

On a dit de Calvin qu’il était « l’acteur de Dieu ». Avec Le Maître des minutes, le temple et le théâtre de Saint-Gervais scellent un pacte fraternel. A la faveur des préjugés surmontés, la dispute peut renaître ; l’année Calvin en est l’occasion rêvée. Loin de la commémoration comme de la reconstitution, la pièce écrite et mise en scène par Nicolas Buri et Dominique Ziegler, jouée entre temple et théâtre, nous fait découvrir un Jean Calvin contrasté et poignant.